Comparaison visuelle entre des lingots d'or pur et des bijoux en or 18 carats sur une surface de marbre sombre
Publié le 15 mai 2024

Acheter un bijou en or 18 carats est perçu comme un investissement. En réalité, c’est un achat où plus de la moitié du prix peut s’évaporer instantanément, rendant la rentabilité quasi impossible.

  • La « façon » (design, main-d’œuvre) et la marge du vendeur représentent une part substantielle du prix et sont des coûts irrécupérables à la revente.
  • L’or 18 carats (750 millièmes) ne contient que 75% d’or pur, sa valeur intrinsèque est donc structurellement 25% inférieure à celle de l’or fin.

Recommandation : Pour un investissement pur visant la performance, privilégiez systématiquement l’or 24 carats (lingots, pièces d’investissement) dont la valeur est directement et entièrement corrélée au cours mondial.

L’hésitation est classique et légitime. D’un côté, la chaleur et l’éclat d’un bijou en or 18 carats dans la vitrine d’un joaillier, une pièce tangible que l’on peut porter, admirer, un « investissement plaisir ». De l’autre, l’austère et froide réalité d’un lingot d’or 24 carats, objet purement fonctionnel, dénué de toute esthétique mais porteur de la promesse d’une valeur pure et universelle. Pour l’acheteur qui cherche à allier l’utile à l’agréable, le bijou semble être le compromis parfait : un objet de beauté qui, pense-t-on, conservera sa valeur.

Cette perception commune repose sur une idée simple : « l’or, c’est de l’or ». On vante la durabilité supérieure de l’or 18 carats, son aptitude à résister aux affres du quotidien, justifiant son choix pour la joaillerie. Pourtant, et si cette vision était une illusion coûteuse ? Si l’achat d’un bijou, loin d’être un placement judicieux, était en réalité l’équivalent financier d’acheter une voiture de luxe en pensant à sa valeur à la casse ? La réalité technique et économique est bien plus tranchée qu’il n’y paraît.

La clé ne réside pas dans la durabilité ou l’esthétique, mais dans la déconstruction mathématique de ce que vous payez réellement. La valeur d’un bijou est une construction complexe où le métal précieux n’est qu’une des composantes, et souvent pas la principale. L’essentiel de votre dépense finance des coûts structurellement irrécupérables : le travail de l’artisan, la marge du détaillant, la TVA, et même les pertes inhérentes à la fonte lors du recyclage. Comprendre cette mécanique est la seule façon de faire un choix d’investissement véritablement éclairé.

Cet article se propose de disséquer, chiffres à l’appui, la valeur réelle d’un bijou en or 18 carats face à l’or pur. Nous analyserons l’impact destructeur de la « façon » sur la rentabilité, les stratégies pour acheter de l’or au meilleur prix, les pièges de la revente et les niches fiscales à connaître. L’objectif : vous armer d’une vision d’expert pour arbitrer sans regret entre plaisir et performance.

Pourquoi l’or 18 carats (750 millièmes) vaut-il 25% moins cher que l’or pur ?

La première source de confusion pour l’investisseur novice réside dans la terminologie elle-même. L’or 24 carats, aussi appelé or fin, correspond à une pureté de 99,99% (ou 999,9 millièmes). C’est la référence mondiale, celle dont le cours est coté en continu sur les marchés financiers. À l’inverse, l’or 18 carats, ou 750 millièmes, est un alliage. Il est composé de 75% d’or pur et de 25% d’autres métaux (généralement du cuivre et de l’argent) qui lui confèrent sa couleur et sa dureté. En France, le poinçon officiel pour l’or 18 carats est une tête d’aigle.

Cette différence de 25% n’est pas un détail technique, c’est le fondement de l’écart de valeur. Lorsque vous achetez un bijou de 10 grammes en or 18 carats, vous n’acquérez en réalité que 7,5 grammes d’or pur. Les 2,5 grammes restants sont un alliage de métaux communs dont la valeur marchande est négligeable. La valeur intrinsèque de votre bijou – sa valeur en métal précieux – est donc mathématiquement et irrémédiablement 25% inférieure à celle d’un objet de même poids en or 24 carats.

Cette décote structurelle se reflète directement dans les prix de rachat. Même dans un contexte de cours élevé, un racheteur professionnel ne valorisera que la quantité d’or fin contenue dans votre bijou. Par exemple, même si le cours atteint des sommets, le prix de rachat pour l’or 18 carats restera mécaniquement inférieur. Des records peuvent être atteints, comme en témoigne le prix de 53€ net par gramme pour le 18 carats observé en 2024, mais ce chiffre reste calculé sur la base d’un cours de l’or 24 carats bien plus élevé (environ 70€/g à ce moment-là).

Comment la « façon » (travail du bijoutier) détruit-elle la rentabilité de l’investissement ?

Si la décote de 25% liée à la pureté était le seul obstacle, l’investissement en bijou serait simplement moins performant. Le véritable destructeur de rentabilité est un coût immatériel et entièrement irrécupérable : la « façon ». Ce terme englobe tout ce qui n’est pas le métal lui-même : le design, la création du moule, la fonte, le polissage, le sertissage des pierres, la marge du créateur et celle du détaillant. C’est ce qui transforme un simple alliage en un objet d’art ou de mode.

Le problème pour l’investisseur est que ce coût, qui peut représenter 30 à 60% du prix d’achat final, a une valeur nulle sur le marché du recyclage de l’or. Un comptoir de rachat ne paie que pour le poids de l’or récupérable, pas pour les heures de travail de l’artisan ni pour le prestige de la marque. Ainsi, la valeur d’un bijou neuf subit une dépréciation instantanée et massive. Des analyses sectorielles montrent qu’un bijou acheté neuf perd immédiatement 30% de sa valeur après l’achat, uniquement à cause de ces coûts non liés au métal.

Visualisation en trois parties du prix d'un bijou : or, façon et marge

Cette visualisation est sans appel : le prix que vous payez se décompose en trois tiers. Un tiers pour la valeur intrinsèque de l’or, un tiers pour la « façon » et la fabrication, et un dernier tiers pour la marge commerciale et les taxes. À la revente au poids, seuls les 75% du premier tiers sont réellement valorisés, après déduction des frais. Les deux autres tiers s’évaporent purement et simplement.

Bijoux cassés ou bijoux neufs : quel est le meilleur moyen d’acheter de l’or bon marché ?

Face au coût prohibitif de la « façon » sur les bijoux neufs, un investisseur averti pourrait se tourner vers le marché de l’occasion ou même les bijoux cassés, aussi appelés « débris d’or ». L’objectif est de minimiser la prime payée au-dessus de la valeur spot de l’or. Chaque option présente un arbitrage différent entre le potentiel de plaisir, le coût et le risque.

Les bijoux neufs offrent un plaisir d’usage maximal mais avec une prime (coût de la « façon » et marge) qui peut dépasser 100% de la valeur de l’or contenu. À l’opposé, les bijoux cassés sont achetés pour leur poids en or, avec une prime très faible (10-20%), mais leur potentiel d’usage est nul. Entre les deux, les bijoux d’occasion représentent un compromis : la prime est réduite (20-50%), mais le risque de contrefaçon ou de poinçons erronés est plus élevé et nécessite une expertise.

Le tableau suivant synthétise cet arbitrage crucial pour l’investisseur.

Critère Bijoux Neufs Bijoux d’Occasion Bijoux Cassés
Potentiel plaisir (porter) Excellent Bon Nul
Prime sur l’or 100-200% 20-50% 10-20%
Risque (faux, arnaque) Faible Moyen Élevé
Liquidité à la revente Faible Moyenne Bonne (au poids)

Cette analyse confirme la vision de nombreux experts du secteur, qui dissocient radicalement l’achat plaisir de l’achat d’investissement. Comme le résume l’expert Yannick Van Caneghem :

L’investissement direct dans des pièces ou des lingots peut offrir une valeur plus sûre que les bijoux, car les prix de l’or, de l’argent et du cuivre sont cotés

– Yannick Van Caneghem, Chaîne YouTube Yan L’Or-iginal

L’erreur de revendre vos bijoux 18 carats chez un racheteur de quartier sans peser

Le processus de revente d’un bijou en or est le moment où la perte de valeur se matérialise. L’erreur la plus commune et la plus coûteuse est de se présenter dans un comptoir de rachat sans préparation, en s’en remettant entièrement à l’estimation de l’acheteur. Le marché du rachat d’or est très compétitif, mais les offres peuvent varier considérablement d’un professionnel à l’autre, principalement en fonction de la commission qu’ils appliquent.

Cette commission, qui couvre leurs frais de fonctionnement, le coût de l’affinage et leur marge, est directement déduite du prix théorique de votre or. En général, la commission prélevée par les acheteurs d’or oscille généralement entre 10 et 30% de la valeur de l’or contenu. Sans une connaissance précise du poids de vos bijoux et du cours du jour, il est impossible de négocier ou même d’évaluer la justesse d’une offre.

Pour éviter de subir une décote excessive, il est impératif d’adopter une démarche de « contre-expert ». Cela consiste à reprendre le contrôle de la transaction en arrivant avec toutes les informations en main. La méthode est simple et accessible à tous.

Plan d’action : la méthode du contre-expert pour maximiser le prix de revente

  1. Acheter une balance de précision : Investir dans une petite balance électronique (précision 0,01g) pour connaître le poids exact de vos bijoux.
  2. Calculer la valeur théorique : Multipliez le poids obtenu par 0,75, puis par le cours de l’or 24 carats du jour. Cela vous donne la valeur maximale de votre or.
  3. Appeler avant de se déplacer : Contactez 3 à 4 acheteurs par téléphone en annonçant clairement le poids exact que vous souhaitez vendre et demandez leur prix de rachat net par gramme pour du 18 carats.
  4. Comparer et négocier : Mettez les offres en concurrence. N’hésitez pas à mentionner à un acheteur que vous avez reçu une meilleure offre ailleurs.
  5. Savoir refuser : Si une offre est inférieure à 70% de la valeur théorique calculée, elle est probablement excessive. Refusez poliment et consultez un autre professionnel.

Quand la vente de bijoux est-elle exonérée de taxe contrairement aux lingots ?

La fiscalité est l’un des rares domaines où le bijou peut présenter un avantage sur l’or d’investissement pur. En France, la vente de métaux précieux est soumise à une taxation spécifique. L’or d’investissement (lingots, pièces ayant cours légal) est soumis par défaut à une taxe forfaitaire de 11,5% sur le montant total de la cession (Taxe sur les Métaux Précieux – TMP). Il est possible d’opter pour le régime des plus-values sur biens meubles (36,2%), plus avantageux si l’on peut prouver la date et le prix d’achat.

Cependant, les bijoux bénéficient d’un régime dérogatoire très intéressant. Selon la législation en vigueur, les cessions de bijoux sont exonérées de taxe en dessous de 5 000 euros par transaction. Au-delà de ce seuil, la taxe forfaitaire qui s’applique est de 6,5% (6% + 0,5% de CRDS), soit près de deux fois moins que pour l’or d’investissement.

Balance symbolique pesant la fiscalité entre bijoux et lingots d'or

Cet avantage fiscal peut inciter à des stratégies d’optimisation, comme le fractionnement des ventes. Vendre plusieurs bijoux séparément pour rester sous le seuil de 5 000€ à chaque fois peut permettre d’éviter toute taxation. Il faut toutefois être prudent : l’administration fiscale pourrait requalifier des ventes très rapprochées d’éléments d’une même parure en une seule et même cession. Malgré cet avantage, il est crucial de se rappeler que cette économie d’impôt ne compense que très rarement la perte de capital massive subie à l’achat à cause de la « façon ».

L’erreur d’acheter des bijoux en pensant investir au prix du lingot

L’erreur fondamentale de l’investisseur-plaisir est de confondre le support (le bijou) avec l’actif sous-jacent (l’or). Cette confusion est entretenue par un marketing habile, mais la réalité des chiffres est brutale. Comme le résume une formule lapidaire d’un expert du secteur :

Acheter un bijou pour son or, c’est comme acheter une voiture de luxe pour la ferraille qu’elle contient

– Expert en investissement, Gold.fr – Analyse du marché de l’or

Cette analogie illustre parfaitement le différentiel de valeur. Lorsque vous achetez un lingot d’un gramme, vous payez le cours de l’or plus une faible prime de fabrication. Lorsque vous achetez une bague d’un gramme en 18 carats, vous payez pour 0,75 gramme d’or, mais le prix final est gonflé par des coûts qui n’ont rien à voir avec l’investissement. Des analyses de marché montrent que le gramme d’or pur dans un bijou 18 carats peut coûter jusqu’au double du prix du gramme d’or d’investissement. Vous payez 200€ pour une valeur intrinsèque de 100€.

Cette structure de coût rend toute perspective de plus-value à court ou moyen terme illusoire. Pour que la revente de votre bijou au poids vous permette simplement de récupérer votre mise initiale, il faudrait que le cours de l’or double. Pendant ce temps, le détenteur d’un lingot serait déjà à 100% de plus-value. L’achat d’un bijou doit donc être considéré pour ce qu’il est : l’acquisition d’un bien de consommation, un objet d’art ou de plaisir, dont la valeur résiduelle en métal est un bonus, et non l’inverse.

Comment la prime sur les petits lingotins (5g, 10g) peut-elle ruiner votre rentabilité ?

Ayant compris que les bijoux sont un mauvais véhicule d’investissement, l’acheteur pourrait se tourner vers l’or physique pur, mais avec un budget modeste. La tentation est alors grande d’acheter de petits lingotins de 1g, 5g ou 10g. Si l’intention est bonne, le résultat peut être tout aussi décevant à cause d’un autre coût caché : la prime. La prime est le surcoût que l’on paie au-dessus de la valeur spot de l’or. Elle couvre les frais de fabrication, de scellage et de distribution.

Or, cette prime est inversement proportionnelle à la taille du lingot. Les coûts de fabrication d’un lingotin de 5g sont presque aussi élevés que ceux d’un lingotin de 50g. Par conséquent, la prime sur les très petits formats peut être exorbitante, atteignant parfois 15% à 20%. Cet surcoût agit comme un handicap de départ pour votre investissement. Un lingotin de 5g acheté avec 15% de prime nécessite une hausse de 17,6% du cours de l’or juste pour que vous puissiez le revendre au prix d’achat. En comparaison, un lingot de 1kg, avec sa prime inférieure à 1%, devient rentable à la moindre fluctuation positive du cours.

Pour les petits budgets, il existe heureusement des alternatives bien plus efficaces que les micro-lingotins pour s’exposer à l’or physique sans subir une prime démesurée :

  • Privilégier les pièces d’or d’investissement : Des pièces comme le 20 Francs Napoléon, le Souverain ou le 20 Francs Suisse Vreneli ont des primes beaucoup plus raisonnables et une grande liquidité.
  • Considérer les jetons modernes : Certains jetons en or, comme le Leon Or, sont conçus pour l’investissement et bénéficient du même régime d’exonération fiscale que les bijoux jusqu’à 5000€.
  • Grouper ses achats : Il est parfois plus judicieux d’épargner pour acheter un format plus grand (once de 31,1g) plutôt que de multiplier les achats de petits formats à forte prime.
  • Opter pour l’or papier (ETF) : Si la détention physique n’est pas un critère absolu, les ETF adossés à l’or permettent de s’exposer au cours de l’or avec des frais très faibles.

À retenir

  • Un bijou en or 18 carats est avant tout un actif de plaisir, pas un véhicule d’investissement. Sa valeur de revente au poids sera toujours significativement inférieure à son prix d’achat.
  • L’or d’investissement (24 carats) sous forme de lingots de taille raisonnable ou de pièces reconnues est le seul support garantissant une corrélation directe avec le cours mondial et une faible prime.
  • La fiscalité peut avantager la revente de bijoux pour de petits montants, mais cette optimisation fiscale ne compense que rarement la perte de capital initiale due à la « façon » et aux marges.

Gemme éternelle : le diamant est-il un placement aussi liquide et sûr que l’or ?

Dans la quête d’un « investissement plaisir », le diamant, souvent associé à l’or sur les bijoux de haute joaillerie, apparaît comme un autre candidat potentiel. Son image de rareté et d’éternité lui confère une aura de placement sûr. Cependant, en termes d’investissement pur, le diamant est encore moins performant et beaucoup plus risqué que l’or-bijou.

Le principal problème du diamant est son absence totale de standardisation et de liquidité. Contrairement à l’or, qui est une commodité fongible avec un prix spot universel, chaque diamant est unique. Sa valeur dépend des « 4C » (Carat, Clarity, Color, Cut), une combinaison de critères qui nécessite une expertise pointue et un certificat gemmologique (GIA, HRD) pour être évaluée. Le marché est opaque, non régulé, et la différence entre le prix de gros et le prix de détail est immense.

À la revente, un particulier se heurte à un marché quasi inexistant. Les bijoutiers ne rachètent que très rarement les diamants qu’ils n’ont pas vendus eux-mêmes, et lorsqu’ils le font, la décote est massive. Les experts estiment qu’à la revente, un particulier ne récupère souvent que 20 à 30% du prix payé en boutique pour un diamant de qualité commerciale. La liquidité est donc extrêmement faible, comme le montre cette échelle comparative.

Type d’actif Liquidité (/10) Caractéristiques
Or physique (lingot/pièce) 9/10 Prix spot universel, fongible, marché liquide
Bijou or 18k (au poids) 4/10 Valeur intrinsèque récupérable, décote importante
Diamant certifié >1ct 3/10 Marché opaque, expertise nécessaire
Diamant commercial <1ct 1/10 Quasi-illiquide, décote massive

Cette analyse finale confirme que, pour l’investisseur cherchant sécurité et liquidité, l'or reste l'actif tangible de référence, loin devant les alternatives comme le diamant.

En définitive, la décision entre un bijou en or 18 carats et l’or d’investissement 24 carats n’est pas une question de « bon » ou « mauvais » choix, mais une question de lucidité sur ses propres objectifs. Acheter un bijou est un acte de consommation, un plaisir esthétique dont la valeur résiduelle en métal est un lointain filet de sécurité. Acheter de l’or d’investissement est un acte financier pur, visant à préserver ou accroître un capital en se basant sur un actif liquide et universellement reconnu. Tenter de faire les deux avec le même objet mène inévitablement à la déception. Pour faire un choix éclairé, la prochaine étape est de définir clairement votre objectif : le plaisir ou la performance. Évaluez votre stratégie patrimoniale et vos désirs en conséquence.

Rédigé par Henri de Villiers, Expert en actifs tangibles et valeurs refuges, Henri est numismate, gemmologue et spécialiste du marché de l'or et des biens divers. Il conseille les patrimoines fortunés sur la diversification hors système bancaire et la protection contre l'inflation.