Coffre-fort bancaire moderne avec système de protection numérique illustrant la sécurité des dépôts
Publié le 18 avril 2024

La croyance que l’État et la garantie de 100 000 € protègent aveuglément votre épargne est un mythe. La véritable sécurité exige une stratégie active de votre part.

  • Le plafond de 100 000 € s’applique par déposant et par groupe bancaire, et non par compte ou par banque.
  • Le mécanisme de « bail-in » (renflouement interne) est désormais la règle en Europe : les actionnaires et créanciers (et non plus seulement l’État) sont les premiers à absorber les pertes.
  • La protection de vos liquidités (cash) et de vos titres (actions, obligations) ne répond pas aux mêmes règles ni aux mêmes garanties.

Recommandation : La seule stratégie efficace pour un patrimoine conséquent est la diversification intelligente de vos avoirs entre plusieurs groupes bancaires non affiliés et différentes enveloppes d’investissement (comptes-titres, assurance-vie).

Face aux turbulences économiques et aux souvenirs de crises bancaires passées, une question taraude de nombreux épargnants : mon argent est-il réellement à l’abri ? La réponse rassurante, répétée comme un mantra, est souvent la même : « Ne vous inquiétez pas, vos dépôts sont garantis jusqu’à 100 000 € par le Fonds de Garantie des Dépôts et de Résolution (FGDR) ». Si cette affirmation est factuellement correcte, elle est aussi dangereusement incomplète pour quiconque souhaite sécuriser un capital supérieur à ce montant.

La réalité de la protection bancaire est bien plus complexe. Elle est un maillage de règles, de plafonds et de mécanismes souvent méconnus du grand public. Croire que cette garantie unique est un bouclier absolu, c’est ignorer les subtilités qui font toute la différence en cas de crise systémique. Qu’en est-il si vous possédez des comptes dans deux banques qui s’avèrent appartenir au même groupe ? Quel sort est réservé à vos placements en assurance-vie ou sur votre compte-titres ? Et que signifie réellement le concept de « bail-in » dont on entend parfois parler ?

Cet article n’a pas pour but de répéter les informations de surface, mais de vous armer d’une compréhension d’expert. Loin d’une confiance aveugle, la véritable sécurité naît d’une stratégie éclairée. Nous allons décortiquer le fonctionnement réel des garanties, exposer les erreurs de jugement les plus courantes et vous donner un plan d’action concret pour structurer votre patrimoine de manière à ce qu’il soit protégé, quelle que soit la conjoncture.

Pour naviguer avec clarté dans cet univers complexe, cet article est structuré pour vous guider pas à pas, des fondements de la garantie bancaire aux stratégies de protection les plus avancées. Le sommaire ci-dessous vous permettra d’accéder directement aux points qui vous préoccupent le plus.

Pourquoi la garantie de 100 000 € du FGDR ne s’applique-t-elle pas par compte ?

C’est l’une des confusions les plus répandues et les plus dangereuses pour les épargnants. La garantie des dépôts de 100 000 € n’est pas calculée par compte bancaire, ni même par banque, mais par déposant et par établissement bancaire. La nuance est cruciale : de nombreuses banques commerciales, bien qu’ayant des noms et des offres distincts, appartiennent en réalité à un seul et même groupe. Pour le FGDR, l’ensemble de vos avoirs répartis entre la maison mère et ses filiales est consolidé en une seule masse.

Si vous détenez 80 000 € à la BNP Paribas et 50 000 € chez Hello bank!, vous n’êtes pas protégé pour la totalité de vos 130 000 €. Hello bank! étant une filiale de BNP Paribas, le FGDR considérera que vous avez 130 000 € dans le même établissement. En cas de faillite, vous ne seriez indemnisé qu’à hauteur de 100 000 €, entraînant une perte sèche de 30 000 €. Cette règle s’applique à tous vos dépôts : comptes courants, livrets d’épargne (hors livrets réglementés comme le Livret A, qui ont leur propre garantie d’État), comptes à terme, etc.

Pour un compte joint, la règle est également spécifique. Le plafond de 100 000 € s’applique à chaque cotitulaire. Un couple avec un compte joint de 200 000 € verra sa part (présumée de 100 000 € chacun) entièrement couverte. Le cas d’étude suivant illustre bien ce calcul : un couple possède un compte joint de 6 000 € (soit 3 000 € pour chacun), auquel s’ajoutent des comptes personnels et des PEL. En cas d’activation du mécanisme, le calcul se fait en additionnant la part de chacun sur tous les comptes. Dans cet exemple, chaque conjoint récupérerait intégralement 58 000 € et 56 000 €, car les totaux individuels restent sous le plafond.

Il est donc impératif de savoir précisément quels établissements se cachent derrière les différentes marques bancaires que vous utilisez. Une cartographie précise de vos actifs est la première étape indispensable pour évaluer votre exposition réelle au risque.

Votre plan d’action pour cartographier votre risque réel

  1. Identifier le code établissement : Prenez vos Relevés d’Identité Bancaire (RIB) et notez les 5 premiers chiffres du code banque pour chaque compte.
  2. Vérifier l’appartenance au groupe : Rendez-vous sur le site du FGDR et utilisez leur moteur de recherche pour vérifier si vos différentes banques (ex: Boursorama, Fortuneo, LCL) appartiennent à des groupes distincts (Société Générale, Crédit Mutuel Arkéa, Crédit Agricole).
  3. Lister tous les comptes par groupe : Regroupez tous vos comptes (courants, livrets, comptes à terme) par groupe bancaire unique et non par marque commerciale.
  4. Calculer les soldes consolidés : Additionnez les montants de tous les comptes au sein de chaque groupe. Pour les comptes joints, divisez le solde par le nombre de cotitulaires et ajoutez cette part à vos comptes personnels au sein du même groupe.
  5. Identifier les dépassements : Repérez chaque groupe bancaire où votre exposition totale (part de compte joint incluse) dépasse le plafond de 100 000 €.

Comment répartir vos liquidités entre plusieurs établissements pour annuler le risque ?

Une fois votre exposition au risque clairement identifiée, la solution la plus simple et la plus efficace pour protéger la totalité de vos liquidités est la diversification interbancaire. Le principe est simple : si le plafond est de 100 000 € par établissement, il suffit de répartir vos avoirs entre plusieurs groupes bancaires non affiliés pour multiplier d’autant votre protection.

Posséder 300 000 € dans une seule banque est un risque. Posséder 100 000 € au Crédit Agricole, 100 000 € chez BNP Paribas et 100 000 € à la Société Générale est une stratégie qui vous assure une couverture totale par le FGDR. Cette ventilation doit être réfléchie et ne pas tomber dans le piège des filiales. Ouvrir un compte chez Boursorama en plus de votre compte Société Générale n’apporte aucune protection supplémentaire, car les deux appartiennent au même groupe.

Représentation visuelle de la diversification du patrimoine entre plusieurs établissements bancaires

Comme l’illustre cette image, la diversification consiste à construire des piliers de sécurité indépendants les uns des autres. Chaque « tour » représente un groupe bancaire distinct, avec son propre plafond de garantie. L’objectif est de ne jamais laisser un seul pilier supporter un poids supérieur à sa capacité de charge, soit 100 000 € de dépôts.

La stratégie de répartition doit être adaptée à la taille de votre patrimoine liquide. Pour des montants importants, une simple répartition sur deux ou trois banques peut ne pas suffire ou ne pas être la solution la plus optimisée. Il faut alors envisager d’autres enveloppes de protection, comme nous le verrons plus loin.

Le tableau suivant propose des stratégies de répartition recommandées en fonction du montant de votre patrimoine liquide, offrant une vision claire de la marche à suivre.

Stratégies de répartition selon le patrimoine
Patrimoine liquide Stratégie recommandée Protection totale
Jusqu’à 100 000 € 1 banque + livrets réglementés 100%
200 000 € – 300 000 € Répartir sur 2-3 banques différentes à hauteur de 100 000 € chacune 100%
Plus de 400 000 € 3-4 groupes bancaires + assurance vie + compte titres Jusqu’à 470 000 €

Dépôt bancaire ou contrat d’assurance : qui protège le mieux votre cash ?

Lorsque l’on cherche à sécuriser ses liquidités au-delà des plafonds bancaires, l’assurance-vie est souvent présentée comme une solution alternative. Si elle offre bien une protection, celle-ci est différente de la garantie bancaire et il est essentiel de ne pas les confondre. Les contrats d’assurance-vie ne sont pas couverts par le FGDR, mais par le Fonds de Garantie des Assurances de Personnes (FGAP).

La première différence majeure réside dans le plafond. Alors que le FGDR protège vos dépôts bancaires jusqu’à 100 000 €, le FGAP couvre vos avoirs en assurance-vie jusqu’à 70 000 € par client et par assureur. Il est donc crucial de noter que non seulement le plafond est plus bas, mais qu’il s’applique également par groupe d’assurance. Avoir plusieurs contrats chez des distributeurs différents (un courtier en ligne, une banque) n’offre aucune protection supplémentaire si l’assureur derrière ces contrats est le même.

De plus, la nature de la garantie diffère. Le FGDR couvre principalement des liquidités (le « cash »). La garantie du FGAP, elle, s’applique à l’ensemble des actifs d’un contrat. C’est un point de vigilance pour les contrats en unités de compte (UC). Comme le précise un scénario de crise étudié par les autorités, en cas de faillite d’un assureur, le FGAP indemnise à hauteur de 70 000 € mais les unités de compte restent soumises au risque de marché. Si vos UC ont perdu de la valeur au moment de la faillite, la garantie ne couvrira pas cette perte de marché.

L’arbitrage entre dépôt bancaire et assurance-vie pour sécuriser du cash n’est donc pas si simple. Le dépôt bancaire offre un plafond plus élevé (100 000 €) pour les liquidités pures. L’assurance-vie, via son fonds en euros, peut être une solution de diversification, mais avec un plafond de garantie inférieur (70 000 €) et des contraintes de liquidité potentiellement plus fortes en cas de crise (Loi Sapin 2), un point que nous aborderons plus tard.

L’erreur de croire que l’État renflouera toujours les banques sans toucher aux déposants

La crise de 2008 a laissé l’image de « Too Big to Fail », où les États ont massivement injecté des fonds publics pour sauver les banques et protéger les déposants. Cette époque est révolue. Pour éviter que les contribuables ne paient à nouveau pour les défaillances du secteur financier, un nouveau mécanisme a été mis en place : le renflouement interne, ou « bail-in ».

Contrairement au « bail-out » (renflouement externe par l’État), le bail-in impose que les pertes d’une banque en faillite soient d’abord absorbées par ses actionnaires et ses créanciers. Ce mécanisme est inscrit dans la loi et effectif en France depuis le 1er janvier 2016, suite à la transposition de la directive européenne BRRD. L’idée est de créer une hiérarchie claire des pertes : d’abord les actionnaires, puis les détenteurs d’obligations subordonnées, puis les détenteurs d’obligations senior, et enfin, en théorie, les dépôts non garantis (ceux au-delà de 100 000 €).

Pyramide inversée illustrant la hiérarchie des pertes lors d'un bail-in bancaire

Cette pyramide inversée illustre parfaitement le processus : les pertes « rongent » les capitaux de la banque en partant du bas (actionnaires) vers le haut. Les dépôts garantis (inférieurs à 100 000 €) sont tout en haut de la pyramide et sont les derniers à être touchés, ce qui les rend extrêmement sûrs. Cependant, les dépôts supérieurs à ce montant se trouvent juste en dessous et pourraient, dans un scénario de crise extrême, être sollicités pour recapitaliser la banque. Ils pourraient être gelés et convertis en actions de la banque en difficulté, vous transformant de déposant en actionnaire forcé.

L’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR) le formule clairement, comme en témoigne cette position officielle :

Le bail-in est conçu pour garantir que le coût de l’absorption des pertes et de la recapitalisation soit supporté par les actionnaires et les créanciers.

– ACPR, Document opérationnel sur la mise en œuvre du bail-in

Comprendre le bail-in est fondamental. Cela signifie que compter sur un sauvetage systématique de l’État est une erreur. Pour les montants supérieurs à 100 000 €, vous n’êtes plus un simple déposant à protéger, mais un créancier potentiel de la banque, avec les risques que cela implique.

Quand retirer vos fonds d’une banque en difficulté ?

La question est délicate. Agir trop tôt relève de la paranoïa ; agir trop tard peut être désastreux. La clé n’est pas de céder à la panique, mais de surveiller des signaux objectifs et factuels qui indiquent une détérioration de la santé d’un établissement. Un retrait massif et désordonné de la part des clients (un « bank run ») peut en soi provoquer la faillite d’une banque même saine. L’approche doit être mesurée.

Plutôt que de se fier aux rumeurs, il convient de suivre des indicateurs précis. Les professionnels de la finance surveillent plusieurs signaux d’alerte qui, lorsqu’ils s’accumulent, peuvent justifier une action de protection de vos avoirs :

  • Dégradation de la notation : Une baisse de la note de crédit par les grandes agences (Moody’s, Fitch, S&P) est un signal fort que les experts jugent le risque de défaut plus élevé.
  • Chute boursière durable : Une action qui sous-performe durablement son secteur (par exemple, une chute de plus de 20% sur 3 mois alors que les autres banques sont stables) indique une perte de confiance des investisseurs.
  • Hausse des CDS : Les Credit Default Swaps sont des assurances contre le défaut d’un émetteur. Une envolée de leur coût signifie que le marché estime que le risque de faillite de la banque a augmenté de manière significative. Un niveau supérieur à 200 points de base est souvent considéré comme un seuil d’alerte.
  • Communication de crise : Des changements fréquents et inexpliqués à la tête de la direction, des démentis nerveux face à des rumeurs persistantes ou des communications financières opaques sont des signes négatifs.
  • Restrictions opérationnelles : Si la banque commence à imposer des délais inhabituels ou des restrictions sur les retraits importants ou les virements internationaux, c’est un drapeau rouge majeur.

Si plusieurs de ces signaux sont au rouge, une stratégie de retrait échelonné et calme peut être envisagée. Il ne s’agit pas de vider son compte en une journée, mais de commencer à transférer progressivement les fonds excédant les 100 000 € vers un autre groupe bancaire sain. Il est important de noter que le FGDR peut aussi intervenir en amont, à titre préventif, pour organiser une restructuration ou un transfert d’actifs vers un établissement sain, justement pour éviter la panique et l’indemnisation massive.

Le piège de croire que l’État ne peut pas geler vos avoirs en cas de crise majeure

Même avec une diversification parfaite, il existe un risque ultime, souvent sous-estimé : le risque souverain. En cas de crise systémique d’une ampleur exceptionnelle menaçant la stabilité financière de tout un pays, l’État dispose d’un arsenal juridique lui permettant de prendre des mesures drastiques, y compris le contrôle des capitaux.

Penser que de telles mesures sont impossibles en Europe est une erreur. L’histoire récente nous a fourni des exemples concrets et brutaux. Les contrôles de capitaux mis en place en Grèce en 2015 et à Chypre en 2013 ont démontré que des gouvernements européens pouvaient légalement et très rapidement limiter les retraits d’argent aux distributeurs, interdire les virements à l’étranger et geler une partie des avoirs bancaires pour éviter l’effondrement total du système.

À Chypre, par exemple, pour obtenir un plan de sauvetage international, le gouvernement a été contraint de ponctionner directement les dépôts bancaires supérieurs à 100 000 €. C’était un cas d’école de « bail-in » appliqué avec une extrême rigueur. En Grèce, les citoyens ont vu leurs retraits limités à quelques dizaines d’euros par jour pendant des semaines. Selon les données historiques des crises bancaires européennes, les contrôles de capitaux à Chypre ont même duré 2 ans, de 2013 à 2015.

En France, la loi « Sapin 2 » de 2016 a également renforcé les pouvoirs du Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF). En cas de crise grave, celui-ci peut suspendre, retarder ou limiter temporairement les retraits sur les contrats d’assurance-vie pour préserver la stabilité du système. Bien que cette mesure vise à protéger les assureurs d’un « bank run » de leurs clients, elle se traduit pour l’épargnant par un gel temporaire de ses avoirs. La liquidité de votre épargne, même garantie, n’est donc jamais absolue.

Banque en ligne ou Courtier spécialisé : qui offre la meilleure exécution d’ordres ?

Au-delà des liquidités, une partie importante d’un patrimoine est souvent constituée de titres (actions, obligations, fonds). La question de leur protection est tout aussi cruciale, mais elle répond à des règles différentes. Ici, la distinction entre une banque traditionnelle et un courtier spécialisé peut avoir son importance, non pas tant sur l’exécution des ordres que sur la structure de protection de vos actifs.

En France, les titres détenus sur un compte-titres ordinaire (CTO) ou un Plan d’Épargne en Actions (PEA) sont également protégés par le FGDR, mais via sa « garantie des titres ». Le plafond de cette garantie est de 70 000 € par client et par établissement. Cependant, et c’est un point fondamental, en droit français, le client reste propriétaire de ses titres. La banque n’en est que le dépositaire. En cas de faillite de l’établissement, si ce dernier est incapable de restituer vos titres (scénario de fraude ou de mauvaise gestion extrême), le FGDR intervient pour vous indemniser. Mais dans la grande majorité des cas, les titres sont simplement transférés vers un autre établissement sain.

La différence avec un courtier international peut résider dans le niveau de garantie et la culture de la ségrégation des actifs. Un courtier américain, par exemple, sera couvert par la SIPC, qui protège les titres jusqu’à 500 000 $. De plus, les courtiers spécialisés ont souvent une structure où la ségrégation des actifs des clients de ceux de la société est une obligation légale et culturelle très forte.

Le tableau suivant compare la protection des titres entre une banque française et un courtier international type.

Comparaison protection des titres : Banque vs Courtier
Critère Banque française Courtier international
Garantie des titres FGDR jusqu’à 70 000 € Variable selon pays (SIPC USA: $500k)
Ségrégation des actifs Dépositaire interne Compte ségrégué obligatoire
Rapidité en crise Risque de saturation Direct Market Access

Pour un patrimoine conséquent, diversifier non seulement les banques pour le cash, mais aussi les courtiers (et donc les juridictions) pour les titres, peut être une stratégie de protection avancée contre le risque souverain. Détenir une partie de ses actifs chez un courtier en Suisse, au Luxembourg ou aux États-Unis n’est plus une démarche d’optimisation fiscale, mais une pure stratégie de diversification du risque de contrepartie et de juridiction.

À retenir

  • La garantie des 100 000 € s’entend par déposant et par groupe bancaire. Une cartographie de vos avoirs est indispensable pour connaître votre risque réel.
  • Le mécanisme de « bail-in » est désormais la norme : les actionnaires et créanciers, et non plus l’État, sont en première ligne pour absorber les pertes d’une banque.
  • La seule véritable protection pour un patrimoine important réside dans une diversification active entre plusieurs groupes bancaires, mais aussi entre différentes enveloppes (dépôts, assurance-vie, titres) et potentiellement différentes juridictions.

Quelle enveloppe fiscale choisir entre PEA et Assurance Vie pour un capital de 50 000 € ?

Avec un capital de 50 000 €, que ce soit sur un PEA ou une assurance-vie, vous restez confortablement sous les plafonds de garantie respectifs (70 000 € pour les titres du PEA via le FGDR, et 70 000 € pour l’assurance-vie via le FGAP). Sous l’angle unique de la protection en cas de faillite, les deux enveloppes sont donc très sûres pour ce montant. Le choix doit alors se porter sur d’autres critères : la liquidité en cas de crise et la nature du risque de contrepartie.

Le PEA, étant un compte-titres, offre une liquidité de marché. Tant que les marchés sont ouverts, vous pouvez vendre vos titres et récupérer vos liquidités. L’assurance-vie, en revanche, peut être soumise aux dispositions de la loi Sapin 2, qui autorise un gel temporaire des retraits. Le risque de contrepartie est également différent : votre PEA vous expose au risque de votre banque ou courtier, tandis que l’assurance-vie vous expose au risque de la compagnie d’assurance.

Pourquoi cette obsession de la protection est-elle si légitime ? Il faut avoir une vision claire de la force de frappe réelle du système de garantie. Selon les dernières données du FGDR, ses fonds propres atteignaient environ 7,7 milliards d’euros fin 2024. Ce chiffre, bien que conséquent, ne représente qu’environ 0,5% du total des dépôts bancaires couverts en France. Cela démontre que le FGDR est conçu pour gérer la faillite d’une ou plusieurs petites ou moyennes banques, mais ne pourrait faire face seul à une crise systémique touchant un géant bancaire. Son rôle est avant tout dissuasif et sert à maintenir la confiance.

Pour un capital de 50 000 €, la stratégie est donc moins une question de survie qu’une question d’optimisation et de préparation. Voici les critères à évaluer :

  • Protection : Les deux enveloppes sont garanties à hauteur de 70 000 €, donc votre capital est entièrement couvert.
  • Liquidité en crise : Avantage au PEA, qui reste liquidable sur les marchés, tandis que l’assurance-vie peut être temporairement gelée par la loi Sapin 2.
  • Risque de contrepartie : Le choix se fait entre un risque sur le système bancaire (PEA) et un risque sur le système assurantiel (Assurance-Vie). Diversifier les deux est une bonne pratique.
  • Alternative : Pour des montants plus importants, envisager un compte-titres chez un courtier international robuste permet de diversifier le risque de juridiction.

L’heure n’est plus à l’inquiétude passive, mais à l’action éclairée. Prenez dès maintenant le temps d’appliquer la checklist de cet article pour cartographier vos avoirs et construire votre propre forteresse financière, brique par brique, en toute connaissance de cause.

Rédigé par Amélie Lacroix, Conseillère en Gestion de Patrimoine Indépendante (CGPI), certifiée CIF, avec 15 ans d'expérience dans l'accompagnement des particuliers. Elle est spécialisée dans l'optimisation de l'épargne réglementée, l'assurance-vie et la préparation de la retraite.